PRIER
Dieu parle au cœur de l’homme (os. 2/16)
scrute et sonde le coeur de l’homme (Jr. 17/10)
crée en l‘homme un coeur nouveau (Ez. 18/31)
confère à ses enfants un coeur filial (Ga. 4/6)
transforme le coeur de pierre en coeur de chair (Ez. 36/25)
illumine, par la foi, les yeux du coeur (Eph. 1/1s)
habite dans le coeur du croyant (Eph. 3/17)
L’homme doit chercher Dieu de tout son coeur (Dt. 4/20)
risque son coeur dans la recherche de Dieu (Jr. 30/21)
doit se présenter à Dieu avec un coeur brisé, broyé (Ps. 51/19)
est appelé à devenir disciple au coeur doux et humble (Mt. 11/29)
s’oppose à Dieu par un coeur endurci (Ac. 7/51)
accueille la Parole de Dieu avec un coeur transpercé (Ac. 2/37)
sait que Dieu est plus grand que le cœur du pêcheur (Jn. 3/20)

« M’aimes-tu ? » demandait le Ressuscité à Pierre en lui confiant le soin du troupeau. C’est dans l’échange d’amour entre Jésus et Pierre, que la Sainte Église trouve son appui.
Voici les trois aspects majeurs : la révélation de l’amour brûlant du Christ et le mépris des hommes en retour (« Il aime et Il n’est point aimé » disait saint Claude la Colombière), le lien entre le mystère de l’agonie de Jésus à Gethsémani et Paray-le-Monial (demande de Jésus de « veiller une heure » avec Lui en esprit de réparation. D’où la pratique toujours très actuelle de l’Heure Sainte), un appel à l’amitié (Jésus recherche des amis qui lui rendront amour pour amour et qui seront ses disciples dans le monde). En tous ces aspects, le message de Paray le Monial rejoint l’essentiel de la Révélation contenue dans l’Ecriture sainte et la Tradition de l’Eglise.
Lorsqu’au cours du dernier repas, Jean, le disciple bien-aimé, a posé sa tête sur le cœur de son Maître, il eut la révélation du drame qui habitait celui-ci « depuis le commencement » (Jn 6,64) : la trahison de l’un des douze qui s’obstinait à répondre à l’amour par le mal. Au fil des siècles, Jésus n’a cessé de constater l’indifférence de ses meilleurs amis.
A Paray-le-Monial, Marguerite-Marie fut l’interprète divinement éclairée de cette parole de Jésus. Sa mission a été de sensibiliser l’Eglise entière à l’urgence toute moderne de rendre amour pour amour à l’Amour divin méprisé et trahi, en le louant, en lui rendant grâce, en l’adorant dans l’Eucharistie et en conformant toute notre vie à sa douceur et à son humilité.
Cette plainte de Jésus, c’était déjà celle des prophètes à toutes les pages de la Bible, celle que la liturgie de l’Eglise reçoit de la bouche du Crucifié meurtri par notre infidélité à l’Alliance : « O mon peuple, que t’ai-je fait. Réponds-moi » (Mi 6,3).
Qui dira à quel point le Cœur de Dieu est aujourd’hui affecté par l’opacité de nos cœurs à son amour ? Travaillons à nous rendre silencieusement vulnérable à la plainte de l’Amour. Tel est le chemin que nous trace par exemple la petite Thérèse : nous offrir à Dieu dans un élan d’amour pour lui donner la consolation de trouver où déverser les flots d’amour qui sont comme comprimés dans son Cœur.

Les personnes durement perturbés par des expériences traumatisantes sont remis sur pied par l’Amour. L’amour tout particulier du Cœur de Jésus fleurit aujourd’hui chez les êtres en souffrance. L’Evangile dit: « C’est de son Cœur que jailliraient des fleuves d’eau vive ». L’adoration eucharistique conduit plus avant : on découvre que le vrai pauvre, le mendiant d’amour, c’est Lui. Nos yeux guéris de leur blessure découvrent la blessure sans fond de l’Amour divin. La délicate compassion pour mes frères se double d’une autre compassion jamais imaginée tout seul : la compassion pour le Cœur de Dieu vivant dans le Cœur de Jésus et de Marie. « Il est urgent de consoler Jésus ! » disait le petit François de Fatima.
APÔTRE
À Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Jésus dira : « Regarde ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui n’a reçu qu’indifférence !… Toi, au moins, essaie de suppléer ». C’est la plainte de l’amour non reçu : la douleur de Dieu ! C’est sans doute la douleur de ceux qui aiment Dieu, de le voir si peu aimé, loué, adoré ! Donc, nous sommes invités à redoubler d’attention et d’amour. « Toi, au moins, veille à suppléer ! » Le XVIIème siècle connaît une impressionnante efflorescence spirituelle : Marguerite-Marie y prend sa place dans le sillage des grands témoins de l’Amour. L’un d’eux notamment est le fondateur de la Visitation : l’évêque de Genève François de Sales. D’autres témoins marquent ce « grand siècle de la foi » : comment ne pas évoquer ici Jean Eudes (16/01/1680) missionnaire au cœur de feu, que l’Église proclamera « Père, Docteur et Apôtre du culte liturgique du Sacré-Cœur » et qui travaillera si ardemment à la réforme du clergé : « Il nous faut apprendre qui est Jésus, à être humbles non seulement d’esprit mais de cœur. »
La spiritualité du Cœur de Jésus résume toute la vie chrétienne. « Dieu est Amour », nous dit l’Évangéliste saint Jean, et Dieu révèle en plénitude son amour dans le Cœur de Jésus, son Fils: « Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal 2,20). Sur la Croix, le Cœur de Jésus devient source de miséricorde et de paix pour tous ceux qui l’invoquent et le prient avec confiance.
Au XVIIème siècle, au seuil des temps modernes, Dieu a voulu rappeler à tous les hommes qu’il avait un Cœur, qu’il était Amour, mais que Celui-ci n’était accueilli qu’avec indifférence et mépris. C’est la première apparition de Jésus à Sainte Marguerite-Marie, le 27 décembre 1673. « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui n’en reçoit, de la plupart qu’ingratitude et mépris. »
Deux ans plus tard, lors de la grande apparition de 1675, Jésus demande que dans l’Église une fête soit dédiée pour honorer son Cœur. C’est actuellement la fête liturgique du Sacré Cœur célébrée chaque année le 3ème vendredi après la Pentecôte, pour honorer son Cœur et les merveilles de son amour pour nous.

Elle a contemplé dans une vision de gloire et de transfiguration la sainte humanité du Christ marquée par les stigmates de la Passion. « Il se présenta à moi tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils… Sa poitrine ressemblait à une fournaise… Il me découvrit son tout aimant et tout aimable Cœur qui était la source vive de ces flammes ».
Elle a compris de quel amour ardent Dieu brûle pour un monde qu’il n’est pas venu « condamner mais sauver ». Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes… que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité il faut qu’il les répande par ton moyen ».
Elle a réalisé avec quelle indifférence les hommes répondent à la tendresse de leur Dieu qui fait entendre cette plainte : « Ils n’ont que des froideurs et du rebut pour tous mes empressements à leur faire du bien ».
Elle a saisi, dans l’adoration du Saint-Sacrement, « Sacrement d’amour », que l’Eucharistie est « le don le plus éminent du Cœur de Jésus » (Pie XII). »Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ».

Tout a commencé par un regard.
Ce jour-là, sur la montagne du Crâne à Jérusalem : le Calvaire.
Cloué sur une croix, un supplicié agonisait.
Livré à la dérision, abandonné des siens, condamné à l’oubli.
Tout annonçait la mort alors qu’allait jaillir la vie.
A cette heure décisive, quelques témoins se sont groupés :
une mère debout auprès de son enfant,
un disciple fidèle aux pieds du mourant:
petite cellule d’Église qui contemple Celui qui va mourir.
Un soldat s’approche, la lance au poing et porte le coup fatal :
voilà que commence à jaillir la fontaine féconde : eau vivifiante et sang de l’amour.
Marie et Jean regardent Celui qui nous a tellement aimés
et leurs regards vont à la plaie du côté qui ouvre sur le Cœur de l’Agneau immolé.
Ce jour-là, s’accomplit la prophétie du prophète Zacharie: « Ils regarderont Celui qui est transpercé ».
Tout a commencé par un regard.
Désormais et jusqu’à la fin des temps, attirés jusqu’à la croix où est
Jésus, Révélateur et Témoin de la tendresse de Dieu,
innombrables seront ceux qui savent qu’un cœur est ouvert,
Source inépuisable à laquelle tous sont appelés à boire.
Tout a commencé par un regard
qui pénétrait jusqu’au Cœur de Jésus.

SACRÉ COEUR DE JÉSUS
Nous voulons être les hommes et femmes de tous les siècles, témoins de l’Orient et de l’Occident, pour qui le Cœur de Jésus est le symbole d’une tendresse inépuisable, la source d’une compassion sans limites.
Immense cohorte qui veut s’approcher de la Croix, non pour gémir, mais pour y contempler Dieu sous le signe de l’offrande, bras étendus pour le pardon et cœur ouvert pour donner passage aux fleuves de vie. Nuée de témoins parmi lesquels quelques-uns s’imposent particulièrement. Écoutons ce qu’ils nous confient comme un précieux trésor:
Saint Bernard, vagabond de Dieu sur les routes d’Europe, aima entraîner ses frères dans la contemplation des plaies de Jésus: « Les ineffables richesses de votre gloire étaient cachées jusqu’à ce que la lance du soldat ayant ouvert le côté de votre Fils, nous entrions tout entier jusqu’à votre cœur, ô Jésus, siège assuré de la miséricorde ».
Saint François d’Assise fut marqué en son corps et est devenu le modèle et guide spirituel de Marguerite-Marie. Voici en quels termes celle-ci nous le rapporte :« Notre Seigneur me fit voir ce grand saint revêtu de lumière et splendeur incompréhensible et élevé en un très haut et éminent degré de gloire au dessus des autres saints à cause de la conformité qu’il a eue à la vie souffrante de notre divin Sauveur… ce qui l’avait rendu un des plus aimés favoris de son Sacré Cœur ».
Ainsi, en différents langages, à différentes époques, nous voulons méditer la Parole de Dieu et, à l’instar de Jean, le disciple bien Aimé, s’approcher du Cœur de Jésus leur Sauveur pour y trouver :


Qu’est-ce que devenir ami et disciple de Jésus, en allant au Cœur de Dieu ?
Être missionnaire, c’est la vocation de tout baptisé, ce à quoi Dieu appelle chacun de nous ! La Bible ne peut être plus claire : « Annoncer l’Évangile n’est pas pour moi un titre de gloire ; c’est une nécessité qui m’incombe. Oui, malheur à moi si je n’annonçais par l’Évangile » (1 Co 9, 16). Il ne faut pas oublier que notre vocation à tous, c’est la sainteté. « N’ayez pas peur d’être les saints du troisième millénaire » nous rappelait Jean-Paul II. La Mission n’est pas une chasse gardée, réservée à des spécialistes, à des professionnels de la Foi, elle est l’affaire de chacun. Parler du Cœur de Jésus et de son amour, ce n’est pas pour se mettre en valeur mais au contraire pour s’effacer derrière Lui. N’hésitons pas à plonger dans l’océan de tendresse où le Seigneur nous attend, sous le bienveillant regard de la Vierge Marie.
L’amour et la miséricorde, voilà ce dont notre pauvre monde moderne a besoin. La fête du Cœur de Jésus est célébrée chaque année le troisième vendredi après la Pentecôte. Au cours de cette fête, l’Église contemple le Cœur de son Sauveur et se laisse guider par Lui jusqu’au plus profond du mystère de l’amour où se rencontrent l’homme et Dieu. »
Inédites, ces quelques lignes synthétiques et remarquables ci-dessous sont extraites d’un enseignement fait à des universitaires par le père Alberto Hurtado, jésuite.
Ce que la fête du Sacré Coeur est en elle-même, c’est un appel à l’amour ! Un appel pour réveiller un amour qui languit parmi les chrétiens. Pour cela, Jésus nous fait apparaître son amour infini envers nous, cet amour qu’il éprouve envers nous depuis toute éternité, avant même que le monde n’existe. En tant que Dieu, il nous a aimés et il nous aime, et il n’a pas pu éloigner, un seul instant notre être de son être. Cet amour est la cause de notre existence. Nous valons par Lui, avec Lui et en Lui.
Toute sa vie fut un acte d’amour : il naît pauvre pour consoler les pauvres ; il connaît les persécutions des puissants, des fanatiques, pour aider ceux qui, après lui, ont voulu rendre témoignage de la vérité ; il veut apparaître vaincu, humilié, malheureux, afin que le regard amoureux de Dieu, qui connut lui aussi ces tristesses, ne nous manque ; il ne veut éluder pas même la mort, afin de nous donner du courage en cette heure suprême et de nous témoigner qu’il est parti pour nous préparer une place dans la maison du Père et pour pouvoir nous envoyer l’Esprit Consolateur.
Toute sa vie fut imprégnée d’amour : amour envers les enfants innocents qu’il défend et bénit ; amour envers les pauvres, ses privilégiés, à qui il consacre sa première Béatitude et qu’il évangélise avant personne d’autre ; amour envers les pécheurs : et là se trouvent Madeleine, l’adultère, le bon larron, Pierre…
L’amour du Christ est plein de tendresse, de sollicitude non seulement pour notre âme, mais aussi pour notre corps, pour les maladies physiques qu’il guérit même sans qu’on le prie de le faire ; pour la tristesse de ses amis, pour la faim des pauvres qu’il s’empresse de satisfaire, et avec quelle délicatesse il défend ses disciples affamés quand ils s’alimentent des épis, avec quelle tendresse il leur prépare le repas après la nuit de pêche. C’est cet amour du Christ, cet amour du Fils de Dieu, cet amour de Jésus que nous honorons dans la prière au Sacré Cœur de Jésus, et tout particulièrement lors de la fête du Sacré Coeur.
